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L’HISTOIRE DE NOTRE MAISON – Épisode 3

Le 9 juin 1986, les compagnons reçoivent de nouveau les élus à déjeuner pour leur présenter la maquette du bâtiment hôtellerie et administratif réalisée par M. Claude Perron, l’architecte des précédents bâtiments. Ce sera le troisième et dernier bâtiment de la prévôté de Rouen / Mont-Saint-Aignan.  

Depuis l’inauguration du bâtiment formation, les Compagnons du Devoir ont la confiance des élus qui donnent leur accord pour la présentation du dossier en vue d’obtenir des subventions de la part de la Région et du Département pour la construction de ce dernier bâtiment.  

Le 27 septembre 1986, le compagnon Huppenoire sollicite de nouveau les compagnons sédentaires des huit métiers du bâtiment, afin de constituer une équipe, comme pour les travaux du 1er bâtiment, pour étudier ensemble ce nouveau projet tant sur le plan technique que financier. Les deux Bureaux d’Études Techniques, à savoir M. Philippe pour le béton armé et M. Pouilley pour le dossier électricité sont de nouveau engagés pour établir un dossier technique afin de consulter les entreprises. 

Au courant du mois de novembre 1986, le dossier est déposé auprès des élus de la Région et du Département en vue des subventions. 

Le permis de construire est déposé en mairie de Mont-Saint-Aignan juste après la consultation par les deux architectes, M. Perron et M. Derycke, de la commission de sécurité. 

Ce nouveau bâtiment se décompose comme suit :  

En sous-sol : un dégagement, un local technique, une chaufferie, un sas, et deux réserves soit une surface de 143 m². 

Au rez-de-chaussée : une salle à manger de 146 m², une salle d’hôtes, une cuisine de 152 m², une salle de détente et de chefs-d’œuvre, un foyer-bar, un bloc sanitaire, un hall d’accueil soit une surface de 426 m². 

Pour la partie administrative, au 1er étage : une cage escalier, un dégagement, un bureau pour le prévôt, un bureau pour le secrétariat, un bureau pour la Maîtresse de Maison, un bureau pour la formation, un bureau pour le Rouleur, un local à archives soit une surface de 98 m². 

Au second étage : une cage d’escalier, un sas, une bibliothèque soit une surface de 98 m². 

L’ensemble du bâtiment représente une surface utile de 765 m². 

Le permis de construire est obtenu en avril 1987 et dès l’été, la clôture de chantier est mise en place. Une entreprise exécute les travaux de terrassement au mois de juillet. 

Au début du mois de septembre 1987, les travaux commencent par les fondations du sous-sol. Une jeune équipe d’itinérants maçons encadrés par un compagnon itinérant, le compagnon Heraud, Bordelais, débutent les travaux par la partie hôtellerie, cuisine et salle à manger. Les travaux sont suivis au quotidien par le prévôt pour les commandes de matériaux et régulièrement, sur les plans technique et qualité, par le compagnon Masnière. Mais tous les mois, un samedi, est organisée une réunion de coordination avec les compagnons sédentaires de tous les corps de métier du bâtiment, l’architecte Jacques Derycke et animée par le compagnon Huppenoire. 

Toute l’année 1988 est consacrée au gros-œuvre et, en plus du travail des jeunes maçons, plusieurs stages de formation sont organisés pour monter les murs en briques de parement, un beau travail de maçonnerie et aussi quelques parois en maçonnerie à damier, briques, pierres de taille layées et silex.  

Les compagnons charpentiers sont à l’ouvrage au printemps 1988. De grosses poutres en lamellé collé en forme de plein cintre sont réalisées par une entreprise, la CMBP. Levées sur le chantier, elles reposent sur des massifs en béton blanc et reçoivent les pannes qui épousent parfaitement la forme du toit. Ensuite des panneaux isolants de 200 mm d’épaisseur sont disposés avec une face en lambris côté salle à manger et panneaux prêts à recevoir les liteaux pour les ardoises. Tous les travaux de zinguerie sont réalisés en cuivre.  

La coordination est parfaite entre les maçons, les charpentiers et les couvreurs. Pendant ce temps, les compagnons menuisiers sont à l’ouvrage à l’atelier pour préparer les fenêtres en chêne avec double vitrage de la salle à manger et de la cuisine. 

Les tailleurs de pierre en la personne du compagnon Perrache, s’occupe du calpinage pour la réalisation du dallage en pierre de Comblanchien de la future salle à manger. La cheminée est l’œuvre du compagnon Poiret, Compagnon tailleur de pierre. Les compagnons serruriers-métalliers sont également à l’ouvrage pour les menuiseries extérieures et intérieures en aluminium laqué se situant au niveau des paliers et de la cage d’escalier ainsi que les ouvertures du patio côté cuisine, un travail précis et délicat de finition y compris la pose. Ce travail de pose est réalisé par une équipe de compagnons sédentaires métalliers et d’itinérants, dont le compagnon Girondeau Pascal le Normand.  

En septembre 1989, le chantier est en phase terminale pour la partie hôtellerie mais il reste encore la partie administrative. C’est le compagnon Philippe Oger, Tourangeau qui reprend le chantier pour la partie maçonnerie. 

Au mois de juin, le compagnon Delaître termine sa mission de prévôt et c’est le compagnon François Jourdan qui le remplace. C’est un compagnon menuisier et cela tombe plutôt bien car les finitions arrivent et il pourra superviser la fabrication du mobilier de la salle à manger dont Claude Perron a dessiné les plans des tables et des chaises. 

Durant ce mois de septembre, le compagnon Huppenoire prend en charge la direction du service patrimoine de l’Association, ce qui lui permettra d’être plus disponible pour les phases de finition de ce bâtiment. 

Au début de l’année 1990, le compagnon Huppenoire propose au Conseil du Compagnonnage d’organiser les Assises Nationales en Normandie et par la même occasion, inaugurer le bâtiment hôtellerie de la prévôté de Mont-Saint-Aignan. La proposition est approuvée par les membres du Conseil en avril et les élus locaux sont invités le 22 juin 1990 à l’inauguration, et acceptent celle-ci. 

Au courant de ce mois d’avril 1990, une réunion est prévue avec tous les compagnons sédentaires ayant œuvré à la construction de ce bâtiment, le prévôt, l’architecte dans le seul but d’analyser l’ensemble des travaux restants à réaliser avant le 22 juin 1990.  

A ce changement de ville d’été, le compagnon Franck Bucher arrive pour participer et organiser les travaux des aménagements extérieurs. Il faut impérativement finir le chantier pour présenter un ouvrage entièrement terminé à l’ensemble des invités. De plus, il y a les Assises du Compagnonnage à organiser. Un sacré défi ! 

Nous voici le 22 juin 1990, un ciel gris, quelques gouttes de pluie, un temps typiquement normand, les Assises Nationales sont ouvertes par le 1er Conseiller, le compagnon Jean-Paul Houdusse, nouvellement élu il y a à peine un an à la suite du décès brutal du C. Delibes en juin 1989.  

Les élus, parmi lesquels M. Lecanuet, sénateur-maire de Rouen et président du Conseil Général de la Seine-Maritime ; M. Fossé, président du Conseil Régional de Haute-Normandie, M. Simon, conseiller général, et M. Albertini, maire de Mont-Saint-Aignan, sont invités. Messieurs Lecanuet et Fossé coupent le ruban tricolore, puis les élus visitent cet ensemble immobilier magnifique.  

Lors de l’allocution du compagnon Huppenoire, sont remerciés les élus sans lesquels les Compagnons du Devoir n’auraient pas pu, sans les subventions, réaliser les travaux. Mais lors de cette journée, il ne faut surtout pas oublier l’ensemble des jeunes de tous corps de métiers ayant participé à ce chantier et les Compagnons sédentaires de la Province pour le temps passé à encadrer, conseiller les jeunes, participer bénévolement au suivi du chantier. Un grand merci à eux. 

Cette création de la prévôté de Mont-Saint-Aignan a été un long et difficile parcours, surtout financièrement :  il a commencé le 1er mai 1978 et se termine le 22 juin 1990. A la demande du compagnon Huppenoire auprès du maire de Mont-Saint-Aignan, le bail emphytéotique de 40 ans en 1976 est porté à 52 ans.  

Les Compagnons normands possèdent un bel outil de travail pour accueillir, former, transmettre savoir et savoir-faire aux jeunes itinérants de passage en Normandie.  

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