
La maison de Mont-Saint-Aignan a fait le choix avec les différents corps de métier, de concevoir un rucher afin d’y accueillir des abeilles à terme.
L’objectif était multiple :
• Que les différents « lots » soient réalisés par les corps de métier présents sur site ainsi qu’au CFA.
• Que certaines parties de ce rucher soient prévues comme travaux d’adoption.
• Que, sur le principe d’un chantier pédagogique, les différents corps de métier puissent assister et/ou participer au chantier.
C’est dans cette logique qu’après avoir conçu la charpente par DAO, les charpentiers ont taillé et levé cette dernière à l’emplacement prévu. Ils ont principalement utilisé du chêne de récupération, ainsi que quelques sections de sapin. Leur but était également de réaliser des colombages stylisés, afin que les maçons puissent y réaliser du torchis.
Voici une idée de ce que donnent les colombages (sans la charpente), allant être remplis en torchis.

Juste avant le levage de la charpente, c’est justement le travail d’adoption d’un jeune maçon, la coterie Grizard dit Ile-de-France, qui a permis aux charpentiers de faire reposer une des poutres sur une maçonnerie. Cet ouvrage en maçonnerie se trouva être celui-ci :

C’est donc après quelques litres de béton coulés, quelques pierres taillées et briques posées que cet ouvrage s’est terminé, en voici le rendu aujourd’hui :

Une fois la charpente posée et les colombages bien en place, comme indiqué précédemment, le but était donc de venir faire du torchis entre colombages. Mais, qu’est ce donc que le torchis ?! C’est tout simplement un mélange de matériaux bio-sourcés et géo-sourcés, de terre et de paille, qui, une fois assemblés autour de petit liteaux en bois, forment une structure de remplissage, comme ici entre colombages.
C’est grâce à la générosité du Compagnon Meslin, Julien, que nous avons pu poser environ 700L de torchis entre ces morceaux de bois. En effet, cette journée était destinée à être dans l’esprit de communauté car les Compagnons maçons sédentaires ainsi que la corporation des itinérants maçons ont invité les itinérants de la maison, de tous les corps de métier, à participer à ce chantier original
La 1ère étape fût donc la mise en place du lattis : le but du torchis étant grâce à la paille, de s’entourer autour de ces morceaux de bois et de maintenir la masse de terre/paille en place.

Après avoir mis en place le lattis, nous avons eu un cours très rapide par le Compagnon Meslin sur la matière que nous nous apprêtions à poser, hâte d’attaquer !

C’est donc en second lieu et dans un esprit de convivialité que nous avons commencé la mise en place du torchis. Le travail de cette matière est assez surprenant car il ne demande pas l’utilisation d’outils en particulier, seulement de ses mains ! C’est assez drôle et surprenant de sentir la matière de cette façon.

La terre/paille déjà malaxée, il suffit d’en faire une boule et de la mettre en place contre et autour du lattis. De cette manière, il y a juste à monter jusqu’à la partie haute du colombage

Une fois les entre-colombages bien remplis, on peut passer au lissage de la surface. La terre étant une terre limoneuse, elle est donc assez grâce et se laisse lisser assez facilement. C’est donc tout simplement à l’aide d’une truelle que les pays et coteries se sont essayé au resserrage de la terre contre les bois, ainsi qu’au lissage de la surface. Voici le rendu final :



C’est donc sur une note positive que s’est finie cette matinée communautaire. Entourés des Compagnons sédentaires présents ainsi que des itinérants, nous en avons profité pour faire un barbecue et célébrer la mise hors d’air de ce futur rucher !

Marius Durand, formateur Maçon












