Un peu d’histoire…
Au début du siècle dernier, 1924 exactement, un journaliste et critique d’art décide de valoriser les meilleurs ouvriers artisans de France. C’est à cette date qu’est créé le concours du MOF, pour Meilleur Ouvrier de France, qui sera étendu au fur et à mesure aux différents métiers de l’artisanat, des métiers de bouche à ceux du bâtiment, en passant par des domaines aussi variés que la photographie, la joaillerie ou l’art d’associer les fleurs.
C’est ainsi que depuis la première promotion de janvier 1925, les générations d’artisans expérimentés sont récompensées à intervalles réguliers.
Mais ce n’est qu’en 1985 que Paul Labourier, MOF et surtout enseignant propose à travers un concours départemental d’ouvrir la recherche de l’excellence aux générations futures. Le MAF vient de voir le jour !
Le concours connaît une croissance très rapide, pour s’étendre au delà du Morbihan, d’abord à la Bretagne environnante, puis au niveau national à partir de 2001, pour représenter aujourd’hui plus de 120 métiers.
Les critères de sélection restent les mêmes : engagement, sérieux, qualité, mais les plus de 6500 candidats ont moins de 21 ans et sont inscrits en CAP ou en bac pro dans les différents établissements de formation, dont les Compagnons du Devoir.
Tom, apprenti menuisier, et Yanis, apprenti couvreur, tous les deux en deuxième année de CAP se sont lancés dans ce défi à la fois moral, technique et créatif.
Le principe est simple : un sujet donné, un délai à respecter, une procédure à mettre en place, une organisation à trouver.
Entre création de gabarit, mise en place des supports et levage des pièces finies, il y a du travail !! Chacun s’y est lancé avec des objectifs et des attentes différents, mais avec la même ambition : aller au bout de l’aventure !





Manu et Corde :
Que signifie MAF pour vous, au delà du sens exact des lettres ?
Yanis : Le titre Meilleur apprenti de France symbolise l’excellence, la rigueur, la passion du métier, mais aussi le dépassement de soi et une fierté professionnelle durable reconnue à l’échelle nationale.
Tom : C’est une épreuve qui permet de montrer notre niveau.
Dans quel cadre avez-vous choisi d’y participer ?
Yanis : J’ai choisi d’y participer poussé par mon formateur qui a remarqué que j’avais mes chances parmi les autres candidats, grâce à la précision ainsi qu’à la qualité de mon geste que j’ai développé dans mon métier.
Tom : J’ai choisi de me lancer car plusieurs personnes m’ont dit que j’avais le niveau. Je trouve particulièrement formateur d’être confronté à ce genre d’expérience.
Quels sont les critères qui te paraissent les plus importants dans la sélection ?
Yanis : Pour participer au MAF, il est indispensable d’avoir un bon niveau technique, car le concours exige une grande précision, une parfaite maîtrise des gestes professionnels, mais aussi, et surtout, une capacité à travailler avec rigueur et autonomie.
Tom : Pour moi, le critère le plus important est finalement la confiance qu’on a en soi et en ses capacités à réussir. C’est à travers cette confiance, et celle que les autres place en nous qu’on peut aller loin dans ce défi.
Que visez-vous à travers votre participation (une médaille ? le dépassement de soi ? autre chose?) ?
Yanis : Mon objectif est la plus haute médaille, et je me donnerai à 100% pour l’atteindre. Je m’entraîne avec discipline, je fais des sacrifices chaque jour et je suis déterminé à repousser mes limites.
Tom : Je vise avant tout le dépassement de soi. Ce qui m’importe, c’est d’aller au maximum de mes capacités et de mesurer les progrès réalisés depuis le début de mon apprentissage.
Combien de temps y consacrez-vous et comment vous organisez-vous (temps libéré par l’entreprise, week-end, soirée) ?
Yanis : Comme la maquette que je réalise est située dans mon établissement scolaire, assez loin de mon domicile, je m’organise pour m’y rendre chaque week-end. Lorsque mes parents ne peuvent pas m’y conduire, je vais à l’entreprise afin de préparer certaines pièces à l’avance, afin de n’avoir plus qu’à assembler les éléments préparés et ne pas perdre de temps au CFA.
Je consacre une partie de mes soirées, chez moi, à rédiger le dossier qui accompagne la maquette.
Tom : Je consacre tous mes week-end, au CFA, à la réalisation de ma maquette, et une partie de mes soirées à la rédaction du dossier.
Vos entreprises se sont-elles impliqué dans votre participation au concours (temps libéré, don de matériau, temps d’échange et de conseil) ?
Yanis : Mon entreprise me soutient en me prêtant du matériel et en me fournissant des matériaux nécessaires à la réalisation de ma maquette. Elle m’a également apporté de précieux conseils sur les techniques et le méthodes de travail que je ne maîtrisais pas encore. De plus, mon patron, qui a participé au concours il y a quelques années, m’a partagé les meilleures méthodes d’organisation pour mener à bien le projet.
Tom : Mon entreprise s’est investie dans ma participation en me fournissant des matériaux et en m’accompagnant à travers des conseils et le partage de techniques et de méthodes d’organisation.
Nous suivrons nos deux jeunes courageux jusqu’à la remise de leur projet, en leur souhaitant le meilleur !!
Avec une pensée pour Louis, autre menuisier, contraint à l’abandon à la suite d’une blessure à la main.












