Deuxième partie: première extension 1982/ 1986
Au cours de l’année 1982, le compagnon Huppenoire reprend contact avec les architectes Claude Perron et Jacques Derycke pour définir le projet d’un bâtiment dédié à la formation, entièrement à construire.

En accord avec les corps de métier, la décision est prise de réaliser un bâtiment reproduisant l’architecture régionale : le sous-sol est en béton armé ainsi que l’ossature porteuse du RDC avec un habillage en maçonnerie à damier et le 1er étage et second étage reprennent une ossature en pan de bois avec remplissage entre colombage en briques de parement.
Pour ce projet, après discussions avec les corps de métier, la répartition des locaux est la suivante :
Au sous-sol : deux locaux techniques, deux rampes d’accès, deux cages d’escalier, un bloc sanitaire, un dégagement, et trois ateliers dont un de 103 m² pour les charpentiers.
Au RDC : trois cages d’escalier dont un monumental en taille de pierre, deux halls, trois ateliers dont un de 131 m² pour les menuisiers
Au 1er étage : trois cages d’escalier, un bloc sanitaire, 3 salles de cours, une de 123 m², une autre de 62 m² et une plus petite de 23 m².
Au 2ème étage: trois cages d’escalier, un bloc sanitaire, deux salles de cours, une de 123 m² et une autre de 62 m².
Soit pour l’ensemble une surface utile de 1368 m².
Avant la date du 23 juin 1983, le dossier est chiffré, et les Compagnons du Devoir savent où ils vont tant sur le plan technique que financier. Donc, ce 23 juin 1983, après la visite des élus et leurs félicitations pour la qualité des travaux de restauration de la Ferme Henry, le compagnon Huppenoire les sollicite, au nom des Compagnons du Devoir, pour une aide au financement de ce nouveau projet qu’est le bâtiment formation. Dans leurs réponses, M. Roger Fosset, pour la région Haute-Normandie, M. Jean Lecanuet, pour le département de la Seine-Maritime donnent leur accord. Courant juillet 1983, le dossier avec le plan de financement est déposé à la Région et au Département.
Au mois de septembre 1983, le permis de construire du bâtiment enseignement est obtenu, les travaux peuvent débuter. C’est le 1er octobre que l’implantation du sous-sol est réalisée.
Le chantier est conduit par le compagnon Dominique Péricou avec une jeune équipe d’itinérants maçons pour la partie du gros-œuvre. Le lot charpente étant conséquent, avec toute cette ossature en pan de bois, il faut un gâcheur compétent pour effectuer ce beau travail de charpente. Cette mission est confiée au Compagnon Philippe Michel qui dirige parfaitement son équipe de jeunes itinérants charpentiers pour mener à bien ce travail.
Pour une question d’intervention des différents corps d’états, le chantier a été divisé en plusieurs tranches :
– L’escalier 1, en taille de pierre avec son garde-corps et main courante en fer forgé, en bois pour le second niveau et sa charpente reposant sur des piliers en pierre de Vernon ainsi qu’une rampe d’accès au sous-sol en béton et briques de parement.
– La partie centrale, la plus grande, comprenant l’atelier des charpentiers en sous-sol, l’atelier des menuisiers au RDC et deux grandes salles de cours aux étages, en béton armé habillé d’une maçonnerie à damier, en brique, en silex et pierre de taille pour le sous-sol et RDC, pan de bois et entre colombage en brique de parement pour les 1er et second niveaux.
– L’escalier 2, une ossature en béton armé, brute de parement en intérieur, habillé en brique de parement et bandeaux en pierre de taille en extérieur.
– une partie d’atelier et salle de cours, plus petite mais au même niveau et avec une structure identique à la partie centrale.
– L’escalier 3, identique à l’escalier 2 pour la structure et la maçonnerie mais avec la particularité d’avoir deux rampes d’accès côté ouest.
– Une dernière partie, semi-enterrée comprenant deux ateliers celui des serruriers et des couvreurs et une salle de cours sous combles. La structure est en béton armé pour les partie enterrées et planchers, en pan de bois pour les façades.
Le samedi 01 octobre, le bâtiment est implanté et les travaux de terrassements débutent le lundi suivant. Ce sont les élèves d’un lycée professionnel, le LEP Fayolle, encadrés par deux professeurs, qui réalisent les différents travaux de terrassement. Le terrassement en pleine masse est terminé le 25 octobre ceci avec quelques soucis de dépôt des déblais en décharge, de grève des élèves. Suit l’implantation des semelles et le terrassement des fouilles en rigoles au tractopelle.




Les fouilles se terminent fin novembre 1983 à la main, à cause des pluies torrentielles. 2000 m³ ont été terrassés. Durant les travaux de terrassement, l’armature des semelles est préparée et le coulage des fondations de la partie centrale, de l’escalier 2 et de la seconde partie, sont finis le week-end du 3 et 4 décembre 1983.

Du 05 décembre au vendredi 23 février, l’élévation du sous-sol est effectuée.

Le dallage est préparé et coulé afin de travailler dans de meilleures conditions.
Les murs, une fois implantés, sont réalisés en bloc à bancher. L’ossature en béton armé comprend aussi la réalisation des poteaux, des chaînages, des consoles et soupiraux.



Une grue est installée sur le chantier le 24 janvier 1984, elle sera bien utile lors de l’élévation du RDC et de l’ossature en pan de bois.

Fin février et début mars, le coffrage et le coulage de cette 1ère partie du plancher haut sous-sol sont réalisés. C’est un plancher poutrelles-hourdis composé de deux poutrelles jumelées pour reprendre les charges du plancher du futur atelier des menuisiers, et de hourdis en polystyrène.


Durant ce mois de mars 1984, avant de commencer l’élévation du RDC, le local technique devant accueillir le futur TGBT, est monté. Les travaux de drainage et d’étanchéité du sous-sol sont effectués à la même époque.
De fin mars au mois de mai 1984, c’est la réalisation de l’ossature en béton armé du RDC de cette 1ère partie et du plancher haut Rez-de Chaussée. Ce dernier est une dalle pleine en béton coulé sur prédalle. Cette partie du bâtiment terminée permet aux charpentiers de pouvoir commencer le levage de l’ossature en pan de bois.



Durant toute l’année 1984, le chantier voit l’intervention de tous les corps d’états. C’est le compagnon Masnière qui orchestre cela de façon admirable. Une réunion de coordination du chantier animée par le compagnon Huppenoire a lieu une fois par mois le samedi matin en présence des compagnons sédentaires.
Depuis le début de l’hiver 1983/1984 ; une équipe de 3 jeunes charpentiers sous la direction du compagnon Michel, Savoyard, ont taillé l’ensemble des pans de bois et de la charpente, aidés le samedi par la corporation itinérante de la ville.



C’est au début de l’été 1984 que le levage de cette première partie est effectué.




Du mois de mai 1984 au mois de juillet 1984, plusieurs phases du chantier sont exécutées : l’ossature en béton armé avec des voiles en béton apparent pour l’intérieur de l’escalier 2 jusqu’au second étage, implantation des semelles, coulage des fondations de l’escalier 1, élévation du sous-sol et coulage de la dalle, l’implantation de l’atelier des serruriers-métalliers et le terrassement de la dernière partie, semi-enterrée, du bâtiment, le coulage des fondations ainsi que la pose de la fosse septique.
Reprise des travaux en septembre 1984, une nouvelle équipe de coteries, toujours sous la direction de Béarnais Péricou, parmi laquelle Berry Guyard alors aspirant, Cyrille Abrial 1ère qualification, arrivent pour continuer le chantier. Durant ce mois de septembre 1984, les travaux suivants sont exécutés : fin des voiles de l’escalier 2 avec la réalisation des trappes de désenfumage, du dallage de l’atelier des serruriers-métalliers et l’élévation du RDC avec l’escalier 3.




Les tailleurs de pierre réalisent la taille de l’escalier en pierre de Chauvigny. La pose de l’escalier à limon circulaire en pierre de taille et des six piliers en pierre de Vernon, reconnaissable aux silex noirs apparents, a eu lieu durant cette période. Cette étape terminée, les charpentiers assurent le levage de la charpente de l’escalier 1.


Après le levage de la charpente, les couvreurs entament un beau chantier de couverture en ardoises, descente et chéneaux en cuivre sous la direction des compagnons Collin et Chapon.


L’ossature en pan de bois réalisée, le temps est venu d’accomplir les remplissages entre les colombages en briques de parement et l’habillages des élévations en béton.

En cette fin d’année 1984, la dernière partie, l’atelier des serruriers-métalliers, sort de terre. L’ossature en béton armé est composée de voile de refend et de poteaux-poutres, les façades sont en pan de bois.
Durant cet hiver 1984/1985, des stages de maçonnerie de briques sont organisés et des coteries viennent de tous les Conseils de Métier, à tour de rôle, passer une semaine pour réaliser les habillages en briques de parement et la pose de pierre de taille.


Début 1985, le chantier rentre dans la phase des finitions. Elles sont nombreuses, et chacun a à cœur de faire de son mieux pour tenir les délais. Et ce mois de janvier est particulièrement froid ; après des chutes de neige au début du mois, les températures descendent jusqu’à -16°. Les travaux se concentrent sur les habillages intérieurs des salles de cours en briques de parement et les enduits au sous-sol. Les derniers travaux du gros-œuvre se terminent fin avril pour la maçonnerie, les derniers pans de bois sont levés fin mai 1985.
Il reste encore beaucoup de finitions avant l’inauguration de ce nouveau bâtiment fixée au 05 octobre de cette même année, date retenue par les élus invités à cette occasion. C’est durant cette période que se font le carrelage, la fin des maçonneries de briques, la fin de la pose des appuis en pierre et des menuiseries, la pose de la rampe de l’escalier en taille de pierre, travail de réception en fer forgé réalisé par le compagnon Meunier, Jean-Luc le Forézien.

Ce samedi 05 octobre 1985 est un grand jour pour la prévôté de Mont Saint Aignan. C’est sous un soleil radieux que l’inauguration a lieu. Les élus, parmi lesquels M. Lecanuet, député-maire de Rouen et président du Conseil Général de la Seine-Maritime ; M. Fossé, président du Conseil Régional de Haute-Normandie, M. Simon, conseiller général, et M. Albertini, maire de Mt St Aignan sont unanimes pour saluer la qualité du travail réalisé représentant tout le savoir du Compagnonnage Du Devoir. Pour les Compagnons du devoir sont présents le 1er Conseiller, le compagnon Delibes, le Conseiller au secrétariat, le compagnon Bonhomme, le Conseiller au Tour De France, le compagnon Alain, le Provincial de Paris, le compagnon Huppenoire, les sédentaires et itinérants de la Province, Messieurs les architectes, les employeurs des jeunes itinérants ainsi que les amis des Compagnons.












